Bullshit Ent

Bullshit Ent

lundi 21 avril 2014

Bonus : Les Séries

Salut les loulous.
Vous avez sans doute remarqué un détail différent aujourd'hui : effectivement, c'est lundi et pas dimanche.
Le destin, ce bâtard, a fait en sorte que je ne puisse pas aller au cinéma du weekend (alors qu'il est exceptionnellement long), du coup pas de critique constructive ce dimanche.
Alors évidemment, je me suis dit : "Bordel Seb, tu vas pas laisser Bullshit Ent. à l'abandon pendant une semaine alors que c'est le lundi de Pâques".
Et bien non effectivement, et à la place d'une critique, vous aurez un petit bonus consacré à un type d'oeuvre qui n'as pas bien choisi son camp entre le cinéma, la télévision, et l'internet : je parle bien entendu des séries.

Les séries c'est un peu un univers à part, où on peut prendre le temps de te raconter une histoire super longue sur dix saisons, au final on peut exploiter le scénario, les personnages, le spectateur, bref les séries c'est pas comme le cinéma.
Au départ réservées à la télé, les séries s'invitent maintenant sur internet, ou font appel à des géants du cinéma pour bien se démarquer.
Maintenant, quand on n'a pas de films à regarder, on regarde une série. Okay, c'est bien. Mais des séries il y en a une multitude, question : lesquelles sont à regarder ?

Du coup, je vous ai fait un petit palmarès des séries les plus sympa que j'ai (partiellement ou complètement) vues, comme ça vous remplirez vos soirées solo dans votre lit au lieu de réviser.

BREAKING BAD (2008 - 2013) - Vince Gilligan - AMC

Au Panthéon des séries, Breaking Bad a peut-être la meilleure place.
Presque tout le monde a vu aujourd'hui un épisode de Breaking Bad et s'est dit "franchement c'est cool".
Breaking Bad c'est l'histoire de Walter White, un prof de physique qui découvre qu'il a un cancer. Refusant de laisser sa femme et son fils handicapé dans le besoin, il décide de s'associer avec son ancien élève Jessie Pinkman et de vendre de la drogue.

Le scénario est pour le moins original, et il est d'ailleurs inspiré d'une histoire vraie. Qualitativement parlant, on a affaire à du haut niveau. Mais ce qui explique le succès et la qualité de Breaking Bad, c'est surtout le talent de ses acteurs principaux : célèbre dans le domaine des séries, on retrouve Bryan Cranston dans le rôle de Walter White "Heisenberg", et le jeune Aaron Paul qui est en ce moment à l'écran dans Need for Speed.
Les deux acteurs principaux font un travail excellent, on éprouve une empathie directe pour les protagonistes, et ils retranscrivent très bien leur évolution psychologique des plus travaillée. Il est important de noter que Cranston a reçu trois fois l'Emmy Award de la meilleure interprétation pour le personnage de Walter White.

Impossible de passer à côté de Breaking Bad donc, la cinquième et dernière saison a mis fin à la série l'année dernière et n'as pas manqué de retourner tout l'Internet. À voir d'urgence, vous êtes prévenus.

HOUSE OF CARDS (2013 - …) - David Fincher et Beau Willimon - Netflix

Quand on a appris que David Fincher boudait Hollywood et lui préférait Netflix pour son prochain projet, on avait du mal à y croire. Surtout que le maestro emportait avec lui une bande d'acteurs très talentueux avec en tête de liste Kevin Spicey et Robin Wright.
Pourtant le produit est là : House of Cards est produit et distribué par le site Netflix et a rencontré un succès international.
Le speech : Frank Underwood est le "whip" de la majorité Démocrate au Capitole et a aidé le Président Garrett a atteindre ce poste. Ce dernier était censé le faire Secrétaire d'État mais il n'honore pas sa promesse, déclenchant la colère d'Underwood. Aidé par sa femme Claire, le "whip" va tout mettre en oeuvre pour se venger du Président.

Niveau scénario on est sur du très lourd. Pourtant refusé par les producteurs hollywoodiens qui le trouvaient trop compliqué, il s'avère qu'il a plu à tout le monde. On sent la patte de David Fincher (Se7en, The Social Network), et le travail de Beau Willimon est très immersif. Kevin Spicey porte la série avec un cynisme parfait : on y découvre un personnage les plus calculateurs de l'histoire des personnages, ne reculant devant rien, maitre des faux-semblants, et surtout froid au possible. La double interprétation du personnage de Frank Underwood est parfaite.
Petite note qui améliore encore plus l'ensemble : Underwood brise régulièrement le quatrième mur en s'adressant directement au spectateur, très bonne astuce pour participer à l'immersion.

La saison 2 est sortie et s'est terminée le 20 Février 2014 (avantage de Netflix) en apothéose, on attend impatiemment la suite.

GAME OF THRONES (2011 - …) - David Benioff, D. B. Weiss, Georges R. R. Martin - HBO

Lorsque l'on parle de séries célèbres, tout de suite on pense à Game fo Thrones.
Cette série, c'est la surprise cinématographique. Il s'agit de l'adaptation de la saga de livres intitulée Le trône de Fer de l'auteur Georges R. R. Martin, aussi appelé "le Tolkien américain".

Le scénario : sur le continent fictif de Westeros l'avenir semble sombre pour les Sept Couronnes. On suit la progression de la Maison Stark, qui tente tant bien que mal de préserver le Roi Robert Barathéon sur le trône ; le cheminement de Daenerys Targaryen, descendante d'une lignée déchue qui prévoit de revenir prendre son trône ; la quête de pouvoir de la Maison Lannister qui complote pour faire choir le régnant ; et l'apprentissage de Jon Snow, noble bâtard, sur le Mur la frontière nord protégeant le pays de l'Hiver.
À priori, on a affaire à un drama médiéval, digne des plus grands films mosaïques. Rien qui serait susceptible de plaire au plus grand nombre.
Et pourtant Game of Thrones est devenue la série la plus regardée l'année dernière. Pas besoin de se poser des questions : le succès est la conséquence de son scénario brillant, de sa violence omniprésente, de sa liberté sexuelle, de son intrigue politique, et de ses personnages très travaillés.
Au niveau du casting on retrouve Sean Bean dans le rôle de Ned Stark, qui n'est pas sans rappeler son rôle dans Le Seigneur des Anneaux, mais également des acteurs moins connus tels que Peter Dinklage, l'acteur nain le plus connu du monde (va te faire foutre Passepartout) ou Lana Headey.

Game of Thrones c'est donc de la violence, du sexe, des combats, des tombeurs, des top-models, de la politique, et même de l'humour. Pour ceux qui n'accrocheraient toujours pas dites vous que c'est Le Seigneur des Anneaux sans les trucs chiants et avec une ou deux scènes de nu par épisode.
En plus la quatrième saison vient de commencer, raison de plus pour s'y mettre si ce n'est pas déjà fait.



En gros là c'était les trois séries les plus importantes pour moi, et surtout les plus qualitatives. Bon c'est essentiellement des séries dramatiques mais ça plait à tout le monde, vraiment tout le monde.
Mais tout de même il y a d'autres séries que j'apprécie sans les trouver parfaites :

THE BIG BANG THEORY (2007 - …) - Chuck Lorre et Bill Prady - CBS

The Big Bang Theory c'est le Friends de demain. Voilà sept ans que la bande de Léonard et Sheldon fait rire la planète devant leurs écrans, et ce n'est pas près de s'arrêter. Dans le futur, les gens diront sans doute à leurs enfants "à ton âge je regardais déjà The Big Bang Theory" comme certains parents disent en ce moment "Friends existait déjà quand j'avais ton âge".

C'est sans doute pas la peine mais on rappelle le scénario : Léonard et Sheldon sont deux "nerds" vivant en collocation. Leur vie tranquille se résumant à leur laboratoire, leurs parties de painball, leurs jeux vidéos, et leurs amis Raj et Wolowitz, est un jour bousculée par l'arrivée de Penny, une jeune blonde un peu innocente qui emménage en face de chez eux.
Un scénario plutôt amusant qui permet un certains nombre de situations originales donc. La série ne manquera pas de vous faire rire, même si vous ne connaissez pas la théorie des cordes ou l'histoire détaillée de Star Trek. 
Le réel avantage de The Big Bang Theory ce sont ses personnages attachants, particulièrement le personnage de Sheldon, génie perfectionniste psychorigide hyperbolique, incarné à la perfection par le jeune mais talentueux Jim Parsons qui a reçu plusieurs Emmy Awards également.

On regrette les dernières saisons qui avaient tendance à se répéter et le fait que le scénario général a beau avancer, on est plus intéressé par les scénarios épisodiques.
The Big Bang Theory est un bon sitcom, sans doute l'un des meilleurs, mais il y a fort a parier que dans quelques années, tout le monde en parlera comme le vestige d'une autre époque.
Ne vous privez pas cependant : on rigole souvent.

HOW I MET YOUR MOTHER (2005 - 2014) - Carter Bays et Craig Thomas - CBS

Principale sitcom d'humour après Friends et The Big Bang Theory, How I Met Your Mother n'en reste pas moins une des plus drôles, si ce n'est la plus amusante.
HIMYM c'est la série que littéralement tout le monde a vu et dont tout le monde connait une réplique ("Suit up" par exemple). Un succès planétaire pour celle là aussi, malgré un humour un peu différent.

Là aussi on n'a pas tellement besoin de rappeler le pitch : en 2030, Ted Mosby raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère. La série est donc un flashback entier sur les mésaventures du jeune homme et de ses amis. Un flash-back plutôt long puisqu'il dure pendant neuf saisons, on sent tout de même un peu la machine à fric derrière.
La série ne brille pas par son scénario mais bien par son humour inventif, bien qu'un peu classique. On retrouve le "Sheldon Effect" puisque là aussi l'humour est souvent véhiculé au travers de Barney Stinson, le tombeur serial fucker de la bande, auteur du Bro Code, dont on ne vante plus les exploits.
Il ne manque pas de faire rire au travers des neuf saisons consécutives qui ne s'essoufflent pas, surprenant.

La série s'est finie en 2014, révélant par la même occasion l'identité de la Mère. Si vous voulez passer un long bon moment, ou si vous ne savez pas quoi regarder un soir chez vous, un épisode de HIMYM sera parfaitement approprié.

UTOPIA (2013 - …) - Dennis Kelly - Channel 4

On quitte la terre de l'Oncle Sam pour arriver chez la Reine Eli II grâce à la série underground pas très connue Utopia. Prisée par les amateurs pointus, Utopia n'as pas rencontré un succès particulier sur le sol britannique, et encore moins à l'étranger, pourtant elle reste une de mes séries préférées.

Cours de scénario : Becky, Ian, Grant, Wilson, et Bejan, sont en possession du manuscrit du mystérieux tome 2 d'Utopia, une bande-dessinée sordide non publiée. Leurs vies basculent alors lorsque qu'ils se rendent compte que le manuscrit contient des révélations terribles sur les plus grandes catastrophes pathogéniques du siècle. Traqué par une organisation secrète, il ne leur reste plus qu'une solution : fuir.
Si vous êtes amateur voire même adepte de la théorie du complot, la série ne pourra que vous plaire, dans l'autre cas, vous serez un peu rebuté.
La série baigne dans une ambiance psychédélique perturbante, et c'est principalement la maitrise de cette atmosphère qui explique mon attrait pour l'oeuvre dans sa globalité. Les acteurs font également du très bon travail, particulièrement Fiona O'Shaughnessy et Neil Maskell qui ont hérité de rôles très intéressants.
On déplore la longueur insuffisante de l'unique saison disponible, sans doute suite à un manque de moyens lors de la production.

Quoiqu'il en soit, Utopia reste une de mes expériences les plus intéressantes en matières de série, je conseille vivement à tout le monde.

LE VISITEUR DU FUTUR (2009 - …) - Francois Descraques - Dailymotion

On finit ce palmarès part une websérie made in France intitulée Le Visiteur du Futur dont vous avez peut-être entendu parler puisqu'il s'agit de la websérie française la plus populaire.
D'abord issue d'un délire entre amis et publiée irrégulièrement sur le site Dailymotion, la série est aujourd'hui produite par la société Ankama et a atteint un niveau de professionnalisme important.

Un scénario simple : Raph, étudiant, voit sa vie bouleversée lorsqu'un individu à l'allure douteuse commence à le suivre partout et déclare vouloir empêcher la fin du monde.
D'abord humoristique, le scénario a fini par prendre du sérieux. Le casting était inconnu lors des premières saisons, mais aujourd'hui certains noms devraient vous être familiers, notamment les frères Descraques : Francois étant réalisateur reconnu, et Raphael faisant parti de la bande des Suricates.
L'humour fait mouche, la réalisation est bien menée, les acteurs convaincants (on applaudit Florent Dorin), bref la recette fait mouche. Le Visiteur du Futur est désormais une référence pour moi lorsque je parle de production française.

La quatrième saison est en cours, les trois premières sont plutôt courtes, n'hésitez pas à regarder : c'est légalement gratuit (#pirate), et en plus c'est drôle.




Voilà, ce palmarès et ce lundi touchent à leurs fins. J'espère que vous jetterez un coup d'oeil à toutes ses séries.
Bonne soirée, et du coup pas de bonne séance.

dimanche 13 avril 2014

Noé - Darren Aronofsky

Salut tout le monde, avant de commencer j'aimerais remarquer que pour une fois j'écris pas à 20h, en retard, mais bien à 16h30, prouvant ainsi que je prends tout ça très au sérieux.

Voilà on peut commencer, cette semaine je suis allé voir Noé, de Darren Aronofsky. Vous en avez sûrement entendu parler par le biais d'expression telles que "mais si tu sais, le film sur la Bible et tout" ou même "le film avec Emma Watson, putain elle est trop b*****".
Ça y est ? Vous voyez de quel film on parle ? Nickel.
Bon, j'ai pas eu une crise de foi (si si, la blague est drôle) en allant voir ce film, mais il faut dire que la bande-annonce vendait du rêve. En plus, les puritains intégristes religieux américains (donc 50% des américains), ont crié au blasphème au sortir de la séance.
Il fallait donc que je le voie.

MISE AU POINT

Les films bibliques, c'est pas nouveau. Depuis qu'on fait du cinéma, on a des films sur la Bible. Déjà en 1956, on a eu droit au film Les Dix commandements avec Charlton Heston, et même avant on avait eu L'Arche de Noé en 1928, qui traite du même sujet que le film d'aujourd'hui.
Tout ça pour dire, que le cinéma biblique, on est habitué, et que même si le genre n'est pas privilégié, on a souvent affaire à des bons films.
À la réalisation on a Darren Aronofsky, qui s'est rendu célèbre il y a trois ans avec Black Swan, qui était franchement un très bon film. Au niveau des acteurs on a un monument du cinéma vieux cinéma américain : Anthony Hopkins ; l'Oscar du Meilleur Acteur, de la génération actuelle : Russell Crowe ; et l'actrice anglaise la plus chérie de la nouvelle génération d'acteur : Emma Watson.
Ah oui, y a aussi Logan Lerman qui faisait Percy Jackson mais lui on s'en fout.
Autrement dit, on part avec d'excellentes bases pour ce Noé. Est-il pour autant réussi ?
Verdict maintenant
(effet sonore suspens).

OH! PUTAIN

Oh putain.
Honnêtement je crois que c'était un film inoubliable. Je m'en souviendrais comme l'un des meilleurs films que j'ai vu.
Je sais même pas par où commencer, on va dire le scénario.
Même sans avoir fait de catéchisme à l'école, vous avez forcément entendu parler de l'Arche de Noé et du Déluge. Après avoir chassé Adam et Ève de l'Eden, Dieu a laissé les humains entre eux, ils sont tous devenus très mauvais, et un jour Il s'est dit "Bon, allez c'est finit" et il a décidé de détruire le Monde, à l'exception des animaux et de Noé qui était un mec sympa. Pour ce faire, il ordonne à Noé de construire une Arche pouvant abriter un couple de chaque animal, Noé s'exécute, il pleut, l'eau monte, les gens meurent, l'eau descend, Noé, sa famille, les animaux sont vivants, fin.
Bien entendu j'ai résumé le mythe très rapidement mais bon, vous le connaissez tous. Dans le film, on suit Noé du moment où Dieu lui donne sa mission, jusqu'à l'instant où l'eau redescend. Un choix plutôt intéressant qui change du traditionnel schéma : on suit la construction de l'Arche et découvre comment il survit au Déluge.
Mais Noé va rencontrer quelques difficultés, notamment les hommes qui n'entendent pas mourir comme ça.

Bon, donc le scénario est donc bien, voire même très bien si l'on juge la totalité de l'intrigue.
Pour ce qui de la réalisation, on ici affaire à du haut niveau. Du très haut niveau. Black Swan avait prouvé que le monsieur avait du talent à revendre.
Ce qu'il faut garder en mémoire, c'est que la Bible n'est pas un livre de conduite, mais avant tout un livre plus "mythologique" qui cherche à expliquer les fondements du Christianisme et du Judaïsme au travers d'épisodes souvent stylés. De ce fait, il n'y a pas de "bonne" ou de "juste" interprétation ou représentation de la Bible, on ne peut pas juger une oeuvre comme Noé en disant "Non mais la Bible, c'est pas comme ça", parce que de toutes façon la Bible, ce sera jamais comme ça.
Okay, ça c'est fait.
Donc ici, Aronofsky nous propose une vision de l'épisode du Déluge très sombre et même psychédélique, le tout dans un univers obscur. Et ça marche très bien, puisque c'est exactement cohérent avec l'esprit de cet épisode Biblique qui stipule que les hommes étaient devenus mauvais et s'étaient pervertis, oubliant du même coup Dieu.
L'imagerie du film est elle aussi excellente et en cohérence avec le reste du film, puisque qu'on voit principalement des territoires arides et stériles, ou des forêts verdoyantes.
Là où le film est bon, c'est qu'il va chercher jusque dans les détails : les plans sur la Terre "ante déluge" montre la Pangée à la place de nos continents, idem lors du déluge : vue de l'espace, la planète est recouverte de nuage. Ce soin dans le détail est toujours un plus.

Bon, un mot sur les géants. Dans le film, Noé est épaulé par des géants de pierre qui l'aident à construire l'Arche et qui le protègent. C'est ÉVIDEMMENT ce qui a déclenché la colère des puritains américains, et qui déclenchera la colère des puritains européens, mais moi je les trouve super sympas, et ils entrent sans problèmes dans l'univers du film. En plus ils augmentent le capital violence.

Parce que le film est très violent. En fait je laisserais pas des enfants aller le voir, tellement la violence est presque omniprésente. Mais la représentation des hommes est elle aussi très barbare, et glauque au possible. Et c'est aussi ça qui rend le film si bien.
Parce que quand on voit la violence des humains et ce qu'ils ont fait au Monde, on a tout de suite de l'empathie pour la famille de Noé. En plus la relation qu'il entretient avec ses enfants et sa femme est très bien développée, puisqu'une fois que le Déluge est passé et que les humains ont été décimés, on s'aperçoit que Noé n'écoute plus que Dieu et est près à faire des choses elles aussi très violentes.
Et c'est cette désillusion qui fait de ce film un très bon film : on amène la réflexion au delà de la simple extermination du Mal puisqu'on aborde la foi envers Dieu.
Le film se donne quelques aspects philosophiques dans la mesure où le chef des hommes à une vision particulière de l'espèce humaine, qui semble au final très justifiée dans sa société, et dans notre société actuelle.

Bon je vais pas vous bassiner plus longtemps avec la réalisation et les thèmes et on va passer aux acteurs.
Russell Crowe est vraiment très bon, plus le film avance, plus il a l'air désespéré parce qu'il sait pertinemment qu'il ne pourra pas sauver sa famille. On a un jeu puissant, infatigable, Russell Crowe tient le film et le fait avancer avec un charisme qu'on a rarement vu (Gladiator ? Rien à voir). Grâce à cette interprétation de Noé, Russell Crowe rappelle qu'il mérite son Oscar du Meilleur Acteur, et qu'il a encore de beaux jours devant lui au pays d'Hollywood.
Emma Watson est elle aussi très convaincante, elle interprète Ila, la femme de Sem, un des enfants de Noé. La difficulté du personnage c'est qu'elle doit constamment cacher sa douleur, puisqu'elle est fertile. Watson retranscrit très bien cet esprit à l'écran, un talent qui lui permet de se hisser dans les plus grandes actrices de demain (quid de Jennifer Lawrence ?).
Enfin Anthony Hopkins, patriarche du casting, donne une très belle représentation, très délicate, du patriarche de l'humanité, mais inutile de rappeler qu'on a ici affaire à un des plus grands acteurs d'Hollywood.

Un dernier mot sur l'imagerie au niveau du contre-jour. C'est clairement une des meilleures utilisation de contrejour que j'ai vu dans ma vie de cinéphile, on ressent tout de suite à la fois la puissance et l'insignifiance des personnages, et ça c'est excellent.
Au niveau technique, le film est d'ailleurs très bien filmé, quelque soit les situations en fait (ce qui n'est pas étonnant de la part d'Aronofsky).

CONCLUSION

Bon Noé était clairement un des meilleurs films que j'ai vu cette année, principalement grâce à sa réalisation prenante et à sa violence glauque. L'univers proposé par Aronofsky est excellent et plaira sans doute à une majorité de personne (sauf aux puritains intégristes religieux américains bien sûr).
Le problème c'est juste que je pourrais en parler pendant des heures, mais cela impliquerait de vous spoiler des éléments très importants qui participent au bon visionnage du film.
Donc contentez vous de savoir que le film est captivant au possible, très intéressants ne serait-ce qu'au niveau de l'interprétation proposée, le tout porté par des acteurs très performants.
Bref, à voir et à revoir.
Bonne soirée, et bonnes séances.

LE MOT DE LA FIN 

Cette semaine le mot de la fin revient à Andrea, qui nous dit : "Fin".
Bon y a des gens relous dans la vie, c'est pas de ma faute.
(en revanche Noé c'est pas un film relou).

dimanche 6 avril 2014

La jaula de Oro - Diego Quemada Diez

Hola tout le monde.
Weekend noir, je ne suis pas allé au ciné, mais grâce au lycée j'ai eu la chance de voir un film en pleine semaine, ce qui me permet de tenir à jour ce site avec conviction.
Donc dans le cadre du merveilleux cour d'espagnol, j'ai vu La Jaula de Oro de Diego Quemada Diez, un film d'auteur sur l'immigration des latinos d'Amérique centrale jusqu'aux États-Unis.
Anecdote inutile : c'est la première fois que je connaissais autant de monde dans la salle de ciné.
Et en plus, par souci de cohérence, toute cette critique sera écrite en espagnol.

SINTONIZACIÓN (merci Google Traduction)

Bon, le cinéma espagnol c'est pas mon rayon. À part quelques monuments internationaux type Guillermo Del Toro ou Alfonso Cuaron, je n'ai pas beaucoup de références.
Mais grâce à Allociné ma culture cinématographique, je peux vous révéler que La Jaula de Oro (Rêves d'Or en français) est le premier film de Diego Quemada Diez.
On a donc affaire à un film de newcomers dans le monde du cinéma, c'est parfait, la nouveauté ça fait du bien.
Surtout que dans ces cas là, on ne sait pas du tout à quoi s'attendre, et on est même souvent surpris. Bref, autour de moi les avis sont mitigés, il est temps de trancher (+1 pt accroche fatale).

DESAROLLO 

Bon, La Jaula de Oro, ça vaut le détour.
Déjà, le sujet on l'a rarement vu : l'immigration des latinos originaire de tout ces petits pays d'Amérique centrale qui vont chez L'Oncle Sam et qui doivent traverser le Mexique. On est pas sur un simple schéma "mexicains en quête d'une vie meilleure" qu'on a déjà vu plus d'une fois.
Par extension, le scénario est intéressant : Juan, Samuel, et Sara décident de quitter le Guatémala et d'émigrer aux États-Unis. Sur le chemin ils rencontrent Chauk, un amérindien, et les voilà tous partis sur la route de la gloire semée de cartels, de flics, de coyotes, et de meurtriers.
Les protagonistes sont tous jeunes (16 ans), ce qui rend l'histoire encore plus tragique.

Bon le vrai atout du film, c'est sans nul doute sa réalisation. Le film a clairement une volonté de réalisme et cela se ressent bien à l'écran. En fait, on a presque l'impression de regarder un reportage sur l'immigration centraméricaine tant le sujet est bien traité. On n'a juste affaire à un film qui pointe du doigt toutes les épreuves difficiles et qui déclare "regardez les pauvres, il faut les aider".
Le film ne prend pas parti, il veut juste montrer ce que c'est d'immigrer et tout les dangers que cela implique.
Parce qu'immigrer aux États-Unis, sur l'échelle de la violence c'est plutôt bien placé. Surtout qu'il faut traverser un des pays les plus corrompus du monde : el Mexico.
Une des règles du cinéma d'horreur c'est : "cacher vaut mieux que dévoiler". Bon, c'est pas du tout un film d'horreur hein, mais la règle s'applique ici. La bande de jeunes immigrants traverse plusieurs épreuves d'une violence remarquable avec entre autres : des attaques de flics, du rapt de femmes, et des prises d'otage. Pas une seule fois on ne voit les actions concrètes des tortionnaires, mais on les devine toutes et on ne peut pas s'empêcher de frémir.
Et c'est ça qui fait de La Jaula de Oro un bon film : il touche le public.

Au niveau technique, on a du bon niveau aussi : les plans sont bien travaillés. Bon visiblement Diego Quemada Diez adore les plans d'ensemble, genre il en cale un à chaque séquences, mais c'est réussi, donc ça va. On a aussi on bon travail sur la lumière du film qui coïncide avec la chaleur (on sent le travail d'étalonnage) du voyage qui d'ailleurs s'accentue de plus en plus, jusqu'à la fin (en fait, elle suit le climax, je m'en rend compte en écrivant).
Les musiques vont bien avec l'ensemble du film, rien de bien incroyable mais ça suffit amplement.
Bien sûr les décors sont parfait et permettent également au film d'acquérir son esprit réaliste.

Ce qui est beau dans ce film aussi, c'est son dénouement final qui donne vraiment à réfléchir sur ce qu'est le "rêve américain" et ce qu'il en reste aujourd'hui. Et évidemment, il donne un regard sur l'immigration qui change de ce qu'on peut entendre ailleurs (bon c'est les US, mais ça conte quand même).
Bref, on a donc beaucoup de points positifs.

PERO

Mais bon, y'a des détails qui ne sont pas parfaits.

En premier lieu on a l'impersonnalité des personnages (+1 pt oxymore). Bon ils sont jeunes, donc ça touche le jeune public aussi, c'est cool.
Mais on a quand même un cruel problème de développement. C'est aussi ça qui donne au film un côté "reportage" : on sent que les personnes qu'on voit à l'écran ont une histoire mais on ne la connait pas, et de toute façon on ne s'intéresse qu'à ce qui se passe maintenant.
Bon du coup, on perd un peu du tragique, par exemple : assez tôt dans le film (je me permet de spoiler), un des jeunes abandonne le voyage et décide de rester au Guatémala. Tous ses amis sont tous très tristes, mais pas nous. Pour la simple et bonne raison que Samuel, ben on le connait pas plus que ça, donc qu'il soit là ou pas, ça change pas grand chose. Donc ce qui était une scène plutôt triste, se révèle être une scène normale.
À un autre moment (et c'est plus flagrant), la seule fille de la bande, pourtant déguisée en garçon, se fait kidnapper par un cartel mexicain. La scène est violente, et elle suggère la violence à venir. Là en revanche on ressent bien l'effet tragique : pas à cause du fait que Sara disparaisse, mais bien parce qu'on réalise que c'est une scène commune dans l'immigration américaine. Sara ne réapparait plus à l'écran, mais ça ne nous gène pas pour autant.
Bon je suis mauvaise langue : il y a deux personnages un peu développés : Juan et Chauk parce qu'ils entretiennent une relation hostile. Une relation hostile hélas bâtie autour d'un triangle amoureux ennuyeux qui occupe au total trois minutes du film, wow ça valait le coup.

L'autre problème du film c'est sa narration étrange : toutes les demi-heures on nous plante dix secondes de neige sur fond noir, et on comprend à la fin que c'est la neige d'une ville américaine. Bon, est-ce que ça veut dire que le film est un flashback entier ? ou c'est juste une réflexion philosophique que personne n'as saisi ? Mystère, mais une pause comme ça toutes les 30 minutes, ça casse un peu le rythme c'est dommage.
Enfin, on a un petit problème de dialogues. Y en a quasiment pas, à mon avis c'était  voulu, mais bon, allez évaluer le jeu des acteurs avec trente lignes de dialogue chacun.

Bon voilà, tout ces points montrent clairement que le film n'est pas encore complètement… au point (+1 pt jeu de mot trop nul).

CONCLUSIÓN

J'ai aimé La Jaula de Oro pour son réalisme, son regard sur l'immigration, et sa réalisation intéressante. Pour un premier film, y a clairement du level et je pense bien que Diego Quemada Diez refera parler de lui plus tard. Les défauts ne m'empêchent pas de dire que j'ai aimé le film, donc je vous conseille vivement d'aller le voir dans la salle de cinéma d'art et essais de votre ville.
Bonne soirée et bonne séance.

LE MOT DE LA FIN

Cette semaine le mot de la fin revient à Adrien, un genre d'immigré canadien vivant en France, il sait donc de quoi il parle : "C'est un bon film mais qui était un peu long, j'ai trouvé les images de neige en plein milieu du film un peu inutiles".
Bon même si un Canadien trouve que la neige ne sert à rien, c'est que j'ai raison.



dimanche 30 mars 2014

her - Spike Jonze

Bonsoir tout le monde.
Ce dimanche on se retrouve avec la première "vraie" love story sur Bullshit Ent (non, La Belle et la Bête c'était un peu de la bullshit à ce niveau là). La love story c'est her de Spike Jonze, et pas la peine de vous dire que c'est une première dans l'histoire des love story puisque la jeune fille à séduire est une système OS (pour les incultes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Système_d%27exploitation). 
Le film a reçu l'Oscar du meilleur scénario original cette année, et en plus Spike Jonze a déjà fait parler de lui y a pas si longtemps avec Le Loup de Wall Street dans lequel il jouait.
Alors que vaut her ? Réponse, maintenant.

SIRI, MISE AU POINT

Spike Jonze, c'est un de ses réalisateurs/acteurs dont on entend pas parler pendant un demi-millénaire et qui ressurgissent avec la meilleure idée du monde.
Et pour la meilleure idée du monde Spike Jonze s'est entouré de deux acteurs talentueux : Joaquin Phoenix (l'Empereur dans Gladiator si le nom vous dit rien) et la sulfureuse Scarlett Johansson. 
Le challenge du film c'était de raconter une histoire d'amour entre un humain et une machine, et par extension entre un homme et une voix. 
On redéfinirait presque les notions de la mise en scène avec un tel projet. Le film promettait donc beaucoup puisque qu'on avait un acteur renommé, et une actrice plus que célèbre, qui fait s'interroger le monde : est-elle ici une actrice ou une doubleuse ? C'est un autre débat, on le garde pour une prochaine fois.

SIRI, DÉVELOPPEMENT
Je vous ai trouvé cinq pages "développement" sur Internet
SIRI PUTAIN

her est une petite perle cinématographique, à mes yeux. Une histoire d'amour c'est pas évident à raconter, on a d'ailleurs un bel exemple d'échec : La Belle et la Bête, et à l'échelle internationale : Twilight. Une love story réussie demande un développement des personnages et de leurs relations relativement important, c'est la pierre angulaire de l'histoire, et c'est ce qui fait de certains films d'amour des mauvais film.

Rappelons le scénario : le film prend place dans un futur proche qui a connu quelques innovations technologiques et informatiques, Theodore est un employé lambda dans une boîte qui écrit des lettres pour des gens qui n'ont pas le temps, et malgré sa grande sensibilité et sa gentillesse, Theo vit dans l'ombre de son ex femme. Il fait un jour l'acquisition d'un OS plus que développé, censé s'adapter à la personnalité de son utilisateur. Theo rencontre ainsi Samantha, un système d'exploitation intelligent, évolutif, et très sensible, et finalement ils tombent amoureux.
Le scénario est très bon. L'idée de base est excellente, mais le développement est également très bien construit puisque leur relation traverse toutes les étapes classiques d'une relation amoureuse, mais est pourtant redéfinie par la nature de Samantha.

Avant d'évoquer les grands points du film, statufions les petits.
Dans un premier temps, l'esthétiques du film est magnifiquement épurée. Elle fait écho à la "non-présence" de Scarlett Johansson, comme si son absence justifiait la simplicité du décor. Beaucoup de courbes, de couleurs unies, des appareils plats, fins. On marie ici très bien le progrès et le design, la société dans laquelle évolue Theo (et Sam ?) semble être à la fois esthète et techniciste. Un idéal de société vers lequel notre présent se dirige, ne serait-ce que par les appareils développés par Apple par exemple. Une situation que le film retranscrit à merveille.
Pour ce qui est de la musique, là aussi Spike Jonze a préféré la simplicité, juste des petits morceaux qui collent à l'instant. Mais la vraie prouesse musicale réside dans le lien avec la machine et sa propre capacité créative. L'exemple : dans une scène, Theo est allongé sur la plage, et on entend un petit morceau de piano, tout de suite on se dit "c'est beau, c'est bien choisi", et là Samantha dit "Tu aimes ? je l'ai composé pour retranscrire la sensation d'être avec toi sur la plage". La musique joue avec le montage et le thème, bref, du talent brut.

Bon, Joaquin Phoenix joue très bien. C'est un acteur doué qui peut jouer des rôles très différents, et celui de l'amoureux transi idéaliste lui convient bien. On salue la performance : il joue presque tout le temps seul, mais doit quand même parler à un autre personnage. Et bien sûr : on applaudit Scarlett Johansson, actrice ou simplement doubleuse, elle joue en tout cas très bien l'OS amoureuse toujours plus évolués. D'ailleurs le Festival de Rome lui attribué le prix de l'interprétation féminine. Elle le mérite.

Maintenant qu'en est-il de la réalisation ? Spike Jonze s'en sort très bien. Son film marie les astuces de montages, de musiques, de mise en scène, d'esthétique, et fait écho à la machine qu'est Scarlett Johansson. 
Là où Spike Jonze marque des points c'est que son film soulève des vraies questions sur l'avenir de l'homme et de la machine. Le fait que des humains sortent avec des OS se réalisera sans doute à l'avenir, pas de doutes là-dessus. Et quelque soit leur degré de perfection, les OS restent des objets, peut-on donc vraiment appeler ça une relation ? Le film évoque à un moment le fait que Samantha ne maintiendrait qu'une relation artificielle, parce que c'est une machine ? Oui, mais le travail de Theo ne consiste-t-il pas à entretenir des relations artificielles ? Pourtant c'est un humain. De même, le film semble insister sur le fait que les humains perdent leurs relations sociales à force de dialoguer avec les OS, est-ce un vrai lien social ? Theo n'était-il pas déjà asocial avant l'arrivée de Samantha dans sa vie ? Ne l'est-il pas plus une fois leur relation entamée ?
Le film aborde également le degré de développement des machines, toujours plus impressionnant, qui permet même de recréer un philosophe dans un OS, jusqu'où ira le progrès ?
Derrière ses aspects d'histoire d'amour originale, le film se targue d'un fond plus… profond (+1 pt rime de merde), qui met en garde la société sur son propre développement plutôt que sur les OS qui, au final, resteront uniquement des machines.

SIRI, CONCLUSION

her, c'est sans nul doute la love story de 2014 pour l'instant, pour son scénario, son degré de réussite, les questions qu'il soulève, et parce qu'il y a Scarlett Johansson aussi.
Allez le voir, foncez, il vaut sérieusement le détour.
Bonne soirée, et bonne séance.

LE MOT DE LA FIN

Cette semaine le mot de la fin revient à Maman qui nous dit que c'est "une bonne idée mais que le scénario tombe dans le cliché"
Chacun ses gouts après.

dimanche 23 mars 2014

Monuments Men - George Clooney

Salut les loulous, nous revoilà après une semaine de pause en l'honneur du "spring break" qui s'est terminé il y a une semaine.
Bref, ce dimanche on se retrouve avec le dernier film de Mr. Nespresso : Monuments Men. Le film a fait un peu parler de lui dernièrement, c'est l'occasion de voir ce qu'il en est.

MISE AU POINT

George Clooney est un monument du cinéma américain moderne. Et tout le monde connait George l'acteur, celui qui est toujours en tête d'affiche, ou qui boit du Nespresso à la télé. Mais il est important de savoir que dernièrement, George s'est mis à la réalisation, vous avez peut-être vu Les Marches du Pouvoir qui était vraiment pas mal.
Bref, cette fois ci George Clooney est donc devant et derrière la caméra. Et il n'est pas tout seul puisque qu'il est accompagné d'un casting qui a de la gueule : Matt Damon (qui est d'ailleurs le nouveau Mr. Nespresso, on ne change pas une équipe qui gagne), Bill Murray, John Goodman, Jean Dujardin (cocorico), et Cate Blanchett.
Le ton est donné : il s'agit d'un film historique inspiré d'une histoire vraie, celle d'une équipe de G.I américains dont la mission était de récupérer les oeuvres d'art volées par les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale.
Un projet ambitieux pour un Clooney qui débarque encore dans le monde de la réalisation, qui semble avoir tout misé sur le casting.

VERDICT

Le film est vraiment pas terrible.
Et ça me fait mal de le dire, parce que j'en attendais beaucoup et que les affiches et bande-annonces étaient, elles, bien foutues. Mais les faits sont là : on s'ennuie ferme.
Pourquoi on s'ennuie ferme ? Tout commence avec le "crew".
Dans les films de guerre, ou du moins sur la guerre, il y a un "crew". Une bande de courageux Marines ou G.I qui s'épaulent tous ensemble, coopèrent, se racontent leurs vies, meurent, et triomphent ensemble. Le "crew" c'est un élément particulièrement important dans les films de guerre : quand le crew est réussi, le film l'est souvent aussi (Il faut sauver le soldat Ryan, et FullMetal Jacket parlent d'eux mêmes).
Ici le crew est composé de plusieurs artistes-conservateurs-bullshit américains, volontaires et un peu âgés. Et c'est le crew le moins convaincant du monde. Il leur manque clairement l'esprit de solidarité et de franche camaraderie dont font preuve les équipes habituelles. Pourtant on sent bien que Clooney a essayé de leur donner ce fond psychologique  qui leur manquait : on a droit à plusieurs scènes de groupe, de discours sur l'espoir et l'amitié, de rigolades entre potes, bullshit bullshit. Le problème c'est qu'elles surviennent toutes à des moments où les liens sont censés être déjà tissés : du coup l'effet recherché tombe à l'eau.
Conséquence : on ne s'amuse pas à les voir progresser, on en a même pas grand chose à faire. Toutes les tentatives d'instaurer du pathos au sujet de tel souvenir de tel membre de l'équipe à propos de telle sculpture est ratée, et je ne vous parle pas des quelques morts qui font difficilement verser une larme.

Un problème n'arrive jamais seul : en plus les dialogues sont creux. Ils durent quelques secondes, et souvent se contentent de statufier l'évidence. Donc mêlés à des personnages ennuyeux, l'effet est désastreux.
Le rythme est aussi trop rapide au début : on passe d'une scène à une autre très rapidement, d'une ville à un champ de bataille en une seconde, bref les images défilent, le spectateur n'a pas le temps de se poser.  On passe donc de personnages ennuyeux, à des dialogues creux, à un film vide.
Et le film est vide malgré toutes les tentatives légitimes de le remplir : notamment la désastreuse histoire d'amour entre Matt Damon et Cate Blanchett, qui joue une française irritante au possible. Une histoire d'amour vraiment inutile qui n'apporte concrètement rien au film dans la mesure où le seul personnage féminin du film n'est là que pour apporter un élément de solution après 1h20 de projection. On appelle ça du remplissage, prenez des notes c'est important, oui toi aussi au fond.

Donc en résumé le film est fade, et c'est terrible pour un film. On le regarde sans conviction, l'histoire peut nous échapper mais c'est pas grave, on ne s'amuse pas, on ne pleure pas, bref -bouclons la boucle- on s'ennuie.
Le sujet a-t-il mal été traité ? Bonne question, pourtant cela ne semblait pas impossible.

ÇA TAILLE SEB

T'as raison, ça charcle dur même.
Mais si je suis dur, le film n'est pas complètement mauvais : malgré la longueur relative des dialogues, ils sont bien interprétés par les acteurs. Ils font tous du bon travail (on aimera ou pas Cate Blanchett en revanche). Ils ont tous des antécédents en même temps : Bill Murray roule sa bosse dans le milieu, Clooney et Damon se complètent, et John Goodman se contente d'être lui-même, bravo Johnny.
Bon bien sûr, même s'ils jouent bien ils ne rattrapent pas les erreurs de réalisation et de narration énoncés précédemment, mais au moins ils ont le mérite d'avoir fait leur travail.

Ensuite, le film est beau. Il y a une belle direction artistique, et c'est normal, la guerre ils la connaissent bien les américains. Surtout celle là. On a droit aux camps de G.I remplis de tentes, aux villes en ruines avec trois murs debout, à un Paris arborant honteusement ces drapeaux rouge noir et blanc, et tout le blabla. Pareil, les décors sont fidèles, jusqu'à l'épicerie dans la campagne allemande avec des vieilles publicités d'époque. Les costumes sont très beaux aussi, mis à part une casquette soviétique qui avait plus une gueule de babiole achetée dans un magasin pour touristes, que de véritable casquettes de l'Armée Rouge.
Bon et je mets un point pour les musiques qui sont vraiment pas mal et qui se marient bien avec l'époque retranscrite.

Bon et je suis forcé d'admettre que plus le film avance plus il s'améliore : on se fait bien chier au début, mais la fin est quand même assez émouvante et le message délivré est intéressant : des toiles et des statues valent-elles le sacrifice de plusieurs vies humaines ?
C'est bien la preuve que le film fait preuve de bonne volonté, mais qu'il est en fait mal organisé, mal rythmé, et qu'il s'attarde tellement sur les faits qu'il en oublie son atout principal : ses personnages. Paradoxe : on a un bon casting mais des mauvais personnages, décidément : "bullshit".
En fait le film est mauvais parce que Clooney a trop voulu jouer au patriote cultivé : on en rajoute sur les américains courageux, sur les nazis immoraux, sur les russes rivaux de toujours, sur les français reconnaissant à l'Oncle Sam. Et bien sûr on tartine le tout avec "l'art c'est important" "vive l'art" "Hitler ne nous prendra pas l'art"  et encore plein de messages, vrais certes, mais en trop grande quantité.
C'est l'overdose, à mon humble avis le film s'est mal orienté, au final on aurait pu avoir la même histoire sans nazis, sans Hitler, sans Seconde Guerre Mondiale, et sans Europe. C'est un film "historique" qui éclipse l'Histoire, et qui semble mentionner les actes antisémites uniquement pour rappeler que ça se passe sous le Troisième Reich.
En plus les personnages sont inintéressants, donc le film ne peut plus compter sur son casting pour le sauver. Et à part quelques petits détails occasionnels, le film n'as pas franchement de qualité.
On a un film "tristement" mauvais (contrairement à ces films juste mauvais qui ne se prennent même pas au sérieux).

CONCLUSION

Pas la peine de se voiler la face : Monuments Men est raté, et Clooney, malgré sa bonne volonté, a encore du boulot à faire sur les films historiques.
Je ne vous conseille même pas d'aller le voir dans la mesure où vous ne passerez même pas un bon moment.
Voilà, ça faisait longtemps et on se retrouve pour un film vraiment pas terrible c'est dommage.
À bientôt et bonne séance.

LE MOT DE LA FIN

Cette semaine le mot de la fin revient à Papa, salut papa, qui nous déclare que le film a "une histoire ambitieuse, mais une réalisation faible".
Merci Papa, décidément tu es vraiment baigné d'une culture cinématographique impressionnante je t'admire.

mercredi 12 mars 2014

Non Stop - Jaume Collet-Serra

Salut tout le monde et, bordel, c'est pas dimanche.
C'est pas dimanche parce que dimanche j'étais loin et j'avais pas les moyens ni le temps d'écrire une critique, et parce qu'après tout j'étais en vacances.
Mais bref, me revoilà, un mercredi, et on se retrouve pour Non Stop de Jaume Collet-Serra (que nous raccourciront en JCS), qui parle d'avion ce qui est ironique dans la mesure où hier je prenais l'avion, et parce qu'en plus un avion a disparu entre la Malaisie et la Chine y a deux jours.
Comment ? On s'en fout ?
Parfait on passe à la suite.

MISE AU POINT

Que dire dans cette mise au point.
Bon normalement JCS ne vous dit rien, mais en fait vous avez tous probablement vu un de ses films puisque c'est le réalisateur d'Esther, le film d'horreur moyen sur une petite fille blablabla…
JCS, c'est sans doute un "yesman", un de ces réalisateurs qui attendent qu'Hollywood leur file un projet et qui le mène à bien. Y en a des bons et des moins bons, bref on va pas parler de ça aujourd'hui.
Au casting on retrouve Liam Neeson, un acteur que j'aime bien, principalement parce qu'il a la classe. Mais aussi parce qu'il joue généralement bien, même si ses rôles commencent à se ressembler depuis La Menace Fantôme. Avec lui on a Julianne Moore, une actrice très bonne (non les gars, pas dans ce sens là), que j'apprécie particulièrement depuis son rôle dans The Big Lebowski.
Le film se lance l'audacieux défi de raconter une histoire se déroulant intégralement dans un avion, ce qui a mon sens est un exercice difficile quand on connait les dimensions d'un avion et la difficulté circuler à l'intérieur et tout bonnement d'interagir avec les autres passagers. En fait, ça me semble aussi difficile que de faire un film se déroulant dans l'espace.
Bon au final on se retrouve avec un yesman, un acteur plutôt bon et une actrice remarquable réunis dans un exercice cinématographique difficile, c'est parti.


DÉCOLLAGE 

Allez, on se le dit, j'ai aimé le film.
Au revoir  Pourquoi ? Bonne question.

Penchons nous d'abord sur la réalisation, qui m'a semblé très bien organisée.
Rappel : les personnages évoluent dans un avion. Un avion c'est petit, étroit, et en plus c'est situé à plusieurs milliers de mètres au dessus du sol donc forcément c'est pas aussi stable que la terre ferme.
Autrement dit, c'est tout sauf facile de filmer dans un avion, donc faire un film entier dans un avion c'est  absolument compliqué.
Pourtant JCS s'en sort bien :
Liam Neeson est constamment filmé en plan serré, ou alors tout juste américains. Et la plupart des autres personnages aussi. L'effet immédiat c'est de rendre le côté "étroit" voire même "étouffant" encore plus oppressant. Y a quelque scènes où l'on respire limite mal (je pense aux scènes des toilettes, le summum des pièces exigües). Ça, associé au rythme de l'enquête frénétique et bordélique, on atteint un bon niveau de réalisation.
Le couloir de l'avion lui est filmé en plan large, tout de suite on prend conscience de l'importance du nombre de passager et la masse d'individus suspects apparait plus grande qu'elle ne l'est. Cet effet est encore plus poussé puisque la "first class" n'est jamais montrée en entier, tandis que la classe économique est elle, en revanche, filmée sous tout les angles. Dans la mesure où Liam Neeson est originaire de la first class, la classe économique devient ainsi toujours plus brouillonne (dans le sens positif).
Le dernier point positif de la réalisation provient de la manière d'accorder de l'importances aux personnages selon leurs déplacements (attention, on pousse le raisonnement un peu loin, je vous prierais de rester assis et d'attacher vos ceintures jusqu'à l'arrêt du signal lumineux merci). Bon, la plupart des personnages sont brièvement présentés avant l'embarquement mais pas suffisamment pour nous permettre une identification optimale. Pour bien faire ressortir les personnages de la masse, JCS a utilisé un procédé efficace. Liam Neeson est le seul personnage debout pendant 95% du film. Les seules scènes où il est assis sont celles où il doute/il a peur. De plus il est le plus actif, il fait des aller-retour non stop (ahah), parle tout le temps, sort son flingue, etc. "De facto", il est identifié comme personnage principal, puisque il est toujours physiquement au dessus des autres.
Du coup il y avait cette difficulté : comment faire en sorte que Liam Neeson n'écrase pas les autres personnages. Réponses : les faire se lever, et les filmer en conséquences.
Que ce soit Julianne Moore ou les autres rôles secondaires, dès qu'un personnage se lève et se détache de la foule, la caméra se rapproche de lui/elle, le film en légère contre-plongée et en plan serré, bref il acquiert un rôle scénaristique et un rôle à l'écran. Même quand il va se rasseoir il va conserver son aura de personnage. Alors que les autres acteurs apparaissant à l'écran ne sont toujours qu'une partie de la foule. Idem pour les pilotes et les membres d'équipage qui assurent l'ordre à l'écran. Mais ça c'est une autre histoire et j'ai pas du tout envie d'en parler.
Bref, bonne réalisation donc.

Ensuite l'acting.
Bon je disais que Liam Neeson se répétait un peu dans ses rôles. On peut dire qu'il a changé. Liam Neeson a toujours des rôles de porteur de flingues badass (Schindler mis à part) qui contrôle parfaitement la situation et qui sait parfaitement tout ce qu'il doit faire, suffit de regarder Taken. 
En revanche là, on sent tout de suite que Liam Neeson n'est pas habitué à la situation, se fait dépasser par les événements, mène une enquête maladroite, et en plus il nous offre deux-trois moments de "je chiale aux chiottes" qui approfondissent un peu son personnage de papa désemparé et de flic surmené.
Voilà en gros j'ai aimé Liam Neeson.
Il y avait aussi quelques seconds rôle sympas : notamment le flic New Yorkais joué par Corey Stoll, un acteur super cool qui jouait déjà dans la série House of Cards.

ATTERRISSAGE

Seulement voilà, le film n'est pas parfait les loulous.
Déjà je me rend conte que j'ai même pas expliqué l'histoire.
Bon Liam Neeson (j'ai oublié son personnage), est un Air-Marshall, les agents de la Sécurité Intérieure Américaine qui prennent l'avion pour s'assurer que tout va bien tout le temps. Et alors qu'il prend l'avion pour Londres, il reçoit sur son portable des messages d'un individu déclarant qu'il va tuer un passager toutes les vingts minutes si 150 millions de dollars (somme considérable) ne sont pas versés sur un compte en banque prévu à cet effet.
Bon le scénario est bien, la chute finale l'est moins. Mais genre elle est vraiment mauvaise. Vraiment très très mauvaise. Tellement invraisemblable et tellement irréaliste que j'ai failli rigoler. Je dis rien pour ne pas spoiler mais je vous jure que c'est très décevant, surtout après avoir passé tout le film à vivre une enquête haletante qui jusque là s'était déroulée de manière très fluide au court d'évènements intéressants et bien ficelés.
C'était principalement le gros point noir du film.
À côté de ça on a Julianne Moore qui se débrouille tout juste, bon elle a un pseudo personnage traumatisé mais c'est mal introduit et elle ne fait pas ressortir à l'écran ses problèmes et tout le reste. On lui en veut pas mais bon, c'est vraiment dommage. Idem pour certains seconds rôles vraiment pas convaincants.
Niveau musique, c'est fade. J'ai réellement rien à dire à ce sujet.
Enfin, n'étant pas pilote personnellement je ne sais pas si les différentes scènes d'actions avec l'appareil sont réalistes aussi, mais ça à la rigueur on s'en fiche : c'est du cinéma.

CONCLUSION

Je conseille Non Stop si vous avez une après midi à tuer, on passe un bon moment surtout si on prend des potes avec ; ou alors vous n'avez qu'à le regarder en prenant l'avion, ça fera passer le temps (ahahah). Après, cela ne restera pas un monument du cinéma en avion, en même temps l'exercice était difficile. Et même si JCS et Neeson font du bon travail, les bourdes scénaristiques et les seconds rôles font vraiment tâche. Il reçoit tout juste le cachet "bon film".

Bon sur ce, profitez bien de la fin de vos vacances, en espérant vous revoir dimanche (un vrai dimanche).

LE MOT DE LA FIN

Cette semaine le mot de la fin revient à Pierrot qu'on avait déjà vu avant.
"Jamais je n'aurais cru qu'il pouvait se passer autant de choses dans les toilettes d'un avion :O"
Merci Pierrot pour ce témoignage rocambolesque.

dimanche 2 mars 2014

The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson

Bonnes vacances les gens bonnes vacances.
Profitez en bien, on les a méritées dignement, faites la fête, Carpe Diem, et tout et tout.
Sinon vous pouvez aussi aller au cinéma, et ça tombe bien parce qu'en ce moment y a The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, et croyez moi, il vaut le détour.

MISE AU POINT MAGGLE

Wes Anderson, au pays du cinéma a le titre officiel de génie. C'est simple il n'y a pas deux Wes Anderson, il n'y a pas de "Anderson-like", il y a juste Wes et son génie créatif.
Beaucoup d'entre vous ont sans doute vu Moonrise Kingdom, le film d'ouverture du Festival de Cannes d'il y a trois ans. Film émouvant, touchant, mignon. Bref, impossible de ne pas l'aimer (sauf si vous aimez pas les gosses, mais bon c'est une autre histoire).
Cette année, Mr le Génie revient avec The Grand Budapest Hotel, inspiré de l'oeuvre de Stefan Zweig (me demandez pas dans quelle mesure). Et mon Dieu, il n'est pas seul puisqu'il se ramène avec le plus grand casting de l'histoire de l'humanité depuis… Cartel ? Burn After Reading ? Ocean's Eleven ? Bref, au rendez-vous :
Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham, Mathieu Amalric, Adrian Brody, Willem "Daddy" Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey "fucking" Keitel, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton, Owen Wilson et Léa Seydoux.
J'en oublie sûrement mais ça vous donne le ton : un réalisateur de génie, un casting époustouflant, tout ça n'annonçait qu'une seule chose, un très bon film ?

ET DONC ?

Et donc effectivement c'est un très bon film.

Wes Anderson, c'est du cinéma géométrique. C'est ce qui donne à ses films un ton unique et inimitable. Pas de gros plans ou de travelling chez Wes Anderson. Seulement des plans d'ensembles/de demi-ensembles, et des mouvement latéraux. On dirait que l'objectif est de capter à la fois le personnage en général, et le décor qui l'entoure.
Wes Anderson a même poussé la réalisation sur le format de l'image : le film prend place à trois époques différentes, et les dimensions de l'image changent pour chaque date. Le format moderne 16:9 pour notre époque moderne, on repasse sur du Super 4:3 pour les années 80 (format propre à la période), puis sur du Classique 4:3 pour les années 30, et heureusement le changement se passe parfaitement bien, bien joué Wes.
Cette caméra géométrique s'ajuste donc parfaitement avec le ton décalé du film. Chaque scène est pourvue d'un esprit humoristique mais sérieux dans le grand ensemble qu'est le film.

Le scénario lui même s'accorde avec la réalisation : Zéro Mustafa est le nouveau Lobby Boy du "Grand Budapest Hotel" et est en admiration devant Mr. Gustave, le maître d'oeuvre de l'établissement. Ce dernier entretient une relation avec une de ses clientes âgée. Quand cette dernière meurt, elle lui lègue un tableau au prix faramineux. Mr. Gustave s'attire les foudres du fils héritier et se retrouve accusé du meurtre de sa maîtresse.
Malgré un côté complexe au premier abord, le scénario se déroule cependant très bien sans aucun soucis grâce à une narration très très bien pensée, le film se compose de cette façon : une jeune fille lit un livre, l'auteur y raconte comment il a rencontré Zero Moustaffa le chef du GBH, qui lui même lui raconte comment il est entré dans le prestigieux édifice. Et le film commence réellement à partir de là.

Le film repose donc sur trois piliers essentiels : sa réalisation géométrique, sa narration typée "Inception" avec des retours au présents fréquents et efficaces, et surtout ses personnages.
Et que dire de cette mosaïque de personnages tout plus parfaits les uns que les autres. Bien sur un grand bravo à Ralph Fiennes qui interprète un personnage distingué au possible, respectueux au possible, avec un code d'honneur propre à tout les situations, faisant toujours preuve d'une assurance exceptionnelle, et qui pourtant se permet de temps en temps une réplique violente et vulgaire. Ralph Fiennes mène le film donc et donne la réplique à Tony Revolori, qui joue merveilleusement bien en Lobby Boy fidèle et admiratif, mais aussi fou amoureux.
Pour les rôles secondaires ont applaudit tout le monde, mon coup de coeur restant Willem Dafoe qui interprète pour la première fois un psychopathe froid et sanguinaire, à un grand niveau de cynisme, qui n'est pas sans rappeler Javier Bardem dans No country for old men. Bien sur on retient aussi Harvey Keitel dans le rôle du prisonnier barbare, Amalric toujours aussi fou en majordome modèle, et Adrian Brody en méchant de l'histoire fascisto-connard (terme approuvé par l'Académie Française).
Et je laisse même un petit mot pour Léa Seydoux, qui figure dans ma liste noire, pour lui dire qu'elle était toute gentille en soubrette.

Bon en plus la musique est merveilleuse, du classique grandiose, tout ce que j'aime.
En fait ce film, c'est concrètement tout ce que j'aime. Rythmé, bien fait, bien monté, bien joué, bien raconté. On ne peut pas ne pas aimer The Grand Budapest Hotel. Le film est attendrissant tout en restant drôle, on s'amuse des scènes de quiproquos et des exclamations distinguées de Ralph Fiennes, et ont verse presque une larme dans les scènes affichant Tony Revolori et sa fiancée.
On rajoute à cela une esthétique années 30 aux couleurs criardes et aux décors variés.
Bref, qu'est-ce qu'il manque à The Grand Budapest Hotel ? Rien dans le fond.

WOW, CONCLUSION

Conclusion, il faut aller voir The Grand Budapest Hotel, qu'on soit cinéphile ou non, qu'on aime Wes Anderson ou pas (ça me parait impossible). Dans la verve de Moonrise Kingdom, ce film plaira à tout le monde, même à toi oui.

Bon, bonne séance, et bonne vacances les loulous.

LE MOT DE LA FIN

Cette semaine, le mot de la fin revient à Pit qui nous dit de manière poussée :
"Les plans sont sublimes, l'utilisation de l'animation pour certains plans est assez singulière mais très agréable.
Des teintes magiques, des acteurs talentueux, un style décalé mais tout de même sérieux de par le ton luxueux du film. Seul point noir : la durée du film, trop courte pour le nombre d'acteurs talentueux, on ne sait plus trop où donner de la tête. Certains acteurs se contentant à de longs caméos (Harvey Keitel par exemple)."
Merci Pit, c'est ce qu'on appelle du bon travail.